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« Houwiyeti » de nouveau opérationnelle… de la maintenance périodique à la question de la souveraineté numérique

Nouakchott – Tech Rek

Les services de l’Agence nationale du registre des populations et des titres sécurisés ont repris ce dimanche, après avoir été interrompus samedi en raison d’une opération de maintenance préventive ayant concerné son système d’information. Cette opération avait entraîné la suspension des services numériques ainsi que des prestations fournies au niveau des centres d’accueil des citoyens pendant toute la journée du 8 août.

L’Agence avait auparavant annoncé que l’opération de maintenance nécessitait l’arrêt complet du système, précisant que les services reprendraient immédiatement après l’achèvement des travaux techniques.

Cette interruption intervient à une période où le recours aux systèmes numériques de l’Agence est en pleine expansion, notamment à travers l’application « Houwiyeti », qui offre aux citoyens un ensemble de services à distance, en plus de son rôle central dans la vérification de l’identité au sein d’un nombre croissant de services publics et privés.

1,5 million de bénéficiaires… la maintenance périodique concerne désormais un public plus large

Les données disponibles montrent que le nombre de bénéficiaires de l’application « Houwiyeti » a atteint environ 1,5 million de citoyens, tandis que le nombre total de services effectués à distance via la plateforme s’élève à 554 027 services, selon des chiffres précédemment publiés par Tech Rek.

Des sources de Tech Rek indiquent que les opérations de maintenance périodique du système étaient généralement effectuées le samedi, jour férié durant lequel les centres d’accueil des citoyens sont fermés. Mais l’élargissement de l’utilisation de « Houwiyeti » a changé la nature de la situation : une large partie des Mauritaniens, à l’intérieur du pays comme à l’étranger, dépend désormais des services à distance de l’Agence, ce qui rend l’annonce préalable des interruptions programmées plus importante, même lorsque les opérations de maintenance sont effectuées pendant les jours fériés.

Des questions sur les réseaux sociaux concernant l’interruption de « Houwiyeti »

Malgré l’annonce préalable, les réseaux sociaux ont enregistré, samedi, de nombreuses publications d’utilisateurs s’interrogeant sur les raisons de l’interruption de « Houwiyeti » et sur leur impossibilité d’accéder à ses services.

En revanche, le communiqué publié avant l’opération de maintenance a suscité un certain soulagement auprès des utilisateurs, notamment parce qu’il informait les citoyens à l’avance de l’interruption et présentait des excuses pour les désagréments occasionnés. Une pratique qui reste encore peu répandue au sein des institutions publiques mauritaniennes lors de la réalisation d’opérations techniques affectant les services fournis au public.

« Houwiyeti »… d’une application de documents à une infrastructure d’identité numérique

« Houwiyeti » n’est plus une simple application permettant d’obtenir des documents numériques. Elle est devenue l’infrastructure de base de l’identité numérique nationale et la passerelle sur laquelle s’appuient des services publics et privés pour vérifier l’identité des citoyens avant de leur donner accès à un nombre croissant de services numériques.

Cela apparaît clairement dans l’application « Khadamati », qui regroupe plus de 15 services publics numériques et s’appuie sur « Houwiyeti » pour vérifier l’identité nationale des utilisateurs. Des services privés, notamment des applications financières, utilisent également le système de vérification d’identité lors de l’inscription de nouveaux utilisateurs.

L’expérience « Houwiyeti » a également dépassé le cadre local, après que le projet a intégré des compétitions africaines consacrées aux solutions numériques gouvernementales. Au cours de l’année 2026, cette expérience a remporté deux prix africains : le Africa T-Awards à Dakar, dans la catégorie des solutions numériques gouvernementales, et le African CIO Awards à Marrakech, dans la catégorie des projets gouvernementaux, en marge du salon GITEX Africa.

Des services à durée limitée soulignent l’importance de la coordination

L’opération de maintenance de samedi a coïncidé avec la poursuite de plusieurs services publics numériques soumis à des délais précis.

Le ministère des Affaires islamiques et de l’Enseignement originel a lancé, pour la première fois, les inscriptions au tirage au sort du Hajj via la plateforme « Khadamati », pour une durée de 15 jours. L’interruption a également coïncidé avec la poursuite du vote dans le concours « Meilleur créateur de contenu », organisé par le ministère de l’Autonomisation des jeunes, de l’Emploi, des Sports et du Service civique, ainsi qu’avec les opérations de parrainage par les citoyens de plusieurs partis politiques dans le cadre du processus supervisé par le ministère de l’Intérieur, de la Promotion de la décentralisation et du Développement local.

L’utilisation de ces services a été interrompue pendant la période de maintenance, avant de reprendre avec le rétablissement des systèmes de l’Agence.

Cette simultanéité souligne l’importance de la coordination entre les différents secteurs gouvernementaux lors de la programmation des opérations de maintenance, ainsi que du choix, dans la mesure du possible, de périodes qui ne coïncident pas avec des services numériques soumis à des délais précis.

80 % des opérations… la question de la continuité s’étend aux paiements

La question de la continuité des services numériques ne se limite pas à l’identité gouvernementale, puisqu’un défi similaire se pose également dans le secteur des paiements.

Selon le rapport annuel 2025 de la Banque Centrale de Mauritanie, présenté précédemment par Tech Rek, « Bankily », qui appartient à la Banque Populaire de Mauritanie, représente environ 80 % du volume des opérations effectuées via les portefeuilles bancaires et environ 73,5 % de leur valeur totale.

Le rapport de la Banque centrale a averti que toute interruption prolongée du portefeuille dominant sur le marché pourrait entraîner l’arrêt effectif de plus de 80 % du volume des paiements quotidiens effectués via les portefeuilles numériques, ce qui témoigne du niveau de concentration atteint par le marché.

Lorsque les applications deviennent une infrastructure nationale critique

Malgré la différence de nature entre leurs services, « Houwiyeti » et « Bankily » ont un point commun : leur utilisation s’est étendue à un niveau tel que la continuité de leur fonctionnement est désormais liée à une part importante de la vie numérique quotidienne.

« Houwiyeti » constitue l’infrastructure de base de l’identité numérique nationale, sur laquelle s’appuient des services publics et privés pour vérifier l’identité des citoyens, tandis que les chiffres de la Banque centrale montrent que « Bankily » concentre la plus grande part des transactions quotidiennes effectuées via les portefeuilles bancaires.

Dans ce contexte, la souveraineté numérique désigne la capacité du pays à garantir la sécurité et la continuité des systèmes numériques essentiels dont dépendent les services destinés aux citoyens et l’économie.

Avec un tel niveau de dépendance et de concentration, la maintenance préventive, les plans de continuité des activités, les sauvegardes, la reprise après sinistre et la protection des systèmes contre les cyberattaques deviennent des éléments directement liés au concept de souveraineté numérique nationale.

Plus l’identité, les paiements, les services publics et privés ainsi que les démarches quotidiennes des citoyens se concentrent sur un nombre limité de plateformes, plus la protection de ces plateformes et la garantie de leur continuité deviennent une question qui dépasse l’aspect technique de l’institution qui les exploite, pour s’inscrire parmi les exigences de protection de l’infrastructure numérique nationale.

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